Dernière traversée vers la côte Vermeille

Départ de Mallorque mercredi 31 au soir, après les annonces présidentielles du nouveau confinement. Destination visée : Cadaquès à la frontière franco-espagnole, pour y déposer Phil qui rentre en France pour Pâques…
Pour les autres, on ne savait pas trop si on ferait demi-tour ou pas pour nous confiner aux Baléares ! Le temps d’une traversée pour se décider.

Un départ de nuit, c’est une expérience originale : on n’y voit goutte pour les manoeuvres, on se lance tout de suite dans les quarts de nuit…
Cette traversée des Baléares jusqu’au continent est comme empreinte de surréalisme, peut-être parce que nous visions Cadaquès où Dali invitait en famille Garcia Lorca : la mer très calme, le vent nous délaissant parfois brusquement et le temps fondant comme les montres du peintre aux folles moustaches. Nous nous laissons porter par la brise et les flots pendant 36h, deux nuits et une journée comme suspendues. A part quelques dauphins et un cargo, nous ne croiserons pas grand monde !

Au milieu de la seconde nuit, un enième rebondissement nous fait changer nos plans, nous laissant tout surpris au jour levant : partis pour Cadaquès, côté espagnol, nous finirons par jeter l’ancre plus au nord, côté français, entre Banyuls et Port-Vendres. L’inattendu nous taquine encore dans cette dernière traversée.

Le plaisir simple d’un mouillage le long de la côte Vermeille sera l’occasion d’accompagner Phil par les sentiers côtiers jusqu’à son TGV, paradoxe absolu d’un temps à deux vitesses où prendre le sien, son temps, reste source d’émerveillement. Une petite touche d’escalade, une glace à l’arrivée : les ingrédients d’une belle journée sont toujours là 🙂

Le chantier de Zérø, initalement prévu en juin en Bretagne, se fera finalement en mai à Leucate, c’est désormais confirmé : sortie de l’eau juste après Pâques. Pas de retour au Baléares, donc, et une fin de périple qui prend forme, véhiculant son lot de sentiments mitigés dans notre équipage : la joie d’avoir pu faire ce voyage se mélange à la mélancolie de le savoir déjà presque achevé. Chacun pense au retour parce que la fin du voyage devient palpable. Fabio se voit déjà dans un bon bain chaud, attendant que son ordinateur se recharge pour finir « Le Seigneurs des anneaux » ; Willem, lui, ne veut qu’une chose, être à Leucate mardi 6 matin pour voir la grue sortir Zérø de l’eau…

Nous resterons deux jours et (presque) deux nuits dans ce joli mouillage de la plage des Paulilles, entre snorkelling, frisbee pour les garçons, trail pour Aurélie, pêche (infructueuse comme d’habitude), apéro… Pendant ce temps, la tramontane annoncée s’installe, se renforce : nous repositionnons l’ancre pour rester bien accrochés dans la nuit qui s’annonce ventée, sans savoir encore que nous allons tout droit vers de nouvelles aventures !

2 commentaires sur « Dernière traversée vers la côte Vermeille »

  1. Vous êtes peut être déjà de retour dans vos montagnes… j’espère que vous y apportez dans vos rêves les vastes espaces aquatiques, et dans vos corps les mouvements de la mer. Bon retour, gardez vos caps intérieurs ! Rien ne les fera dévier. Je vous embrasse

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